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Les mauvais coups de Villepin

Cent jours pour autant de mauvais coups
mis en ligne le : mercredi 28 septembre 2005.

Le Parti Socialiste dénonce l’action du gouvernement de Villepin. Au-delà de différences cosmétiques avec celle de son prédécesseur, c’est la poursuite d’une politique de destruction de la protection sociale, de précarité croissante et de dérive non maîtrisée des déficits publics.

Les “cent jours” de Villepin, c’est un mauvais coup par jour, même au creux de l’été. Quelques exemples ;

- pouvoir d’achat : il se refuse à rétablir la TIPP flottante, inventée par les socialistes, qui module les taxes et protége le pouvoir d’achat,

- droits sociaux : il exclut les salariés de moins de 25 ans du calcul des seuils sociaux pour l’élection de délégués du personnel et du comité d’entreprise,

- jeunes : il supprime les emplois-jeunes dans l’éducation, mais leur substitue des contrats précaires d’une durée comprise entre six mois et deux ans, à temps partiel,

- temps de travail : il change le calcul du temps de travail pour les salariés itinérants, même non cadres : ils pourront se voir imposer un temps de travail calculé en jours et ne se verront plus appliquer les durées maximales horaires,

- chômeurs : il renforce les sanctions contre les chômeurs pour obtenir par radiations successives une baisse des statistique du chômage,

- patrimoine : il brade les autoroutes, récupère 10 milliards pour boucler son budget et prive les français de 40 milliards de dividendes au cours des prochaines années,

- service public : il laisse disparaître des liaisons ferroviaires (Corail) déficitaires. Avec ce raisonnement, demain, il faudra fermer les crèches....

- énergie : il s’apprête à privatiser EDF en pleine crise énergétique,

- logement : alors que manquent des centaines de milliers de logements sociaux et que la moitié des communes ne respectent pas la Loi SRU, Sarkozy fait un clin d’oeil à l’électorat de Le Pen en délogeant quelques squatts,

- fiscalité : il met en place une réforme de l’impôt sur le revenu qui réduira ses recettes et profitera aux nantis (plafonnement des prélévements et de l’impôt sur la fortune, gain les plus importants pour les tranches les plus hautes).

Au milieu des vacances, le 4 août, le gouvernement a créé un contrat nouvelle embauche (CNE), que l’employeur peut rompre sans motif pendant deux ans. Ce nouveau contrat, ouvert à toutes les entreprises de moins de vingt salariés, comprend une période d’essai de deux ans, pendant laquelle l’employeur peut librement mettre fin à la relation de travail sans aucun motif, ce qui a aussi pour effet de priver le salarié de tout recours judiciaire contre son employeur.

Pendant deux ans, les salariés recrutés en CNE n’auront pas l’assurance de conserver leur emploi le lendemain. C’est le retour aux travailleurs journaliers du XIXème siècle, c’est-à-dire la précarité institutionnalisée. Les responsables politiques de droite, y compris au gouvernement, ne cachent pas leur volonté de voir le dispositif étendu à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Le CNE est la première étape d’un démantèlement complet du contrat de travail, qui soumettra totalement le salarié au bon vouloir de l’employeur.

La fin du CDI est programmée

Ce nouveau contrat n’aura aucune conséquence positive sur l’emploi : en effet, les CNE, encore plus précaires que les CDD et les contrats d’intérim, vont simplement les remplacer, sans faire baisser le chômage.

Pour la droite, les protections des travailleurs sont responsables du chômage. Pour les socialistes, c’est au contraire la précarité qui pèse sur la consommation des ménages et interdit la relance de la croissance.

LES SOCIALISTES PROPOSENT :

- de mettre en place une sécurité des trajectoires professionnelles pour garantir la protection des salariés tout au long de leur vie active.

- de moduler les cotisations patronales en fonction de la durée des contrats de travail et du nombre de contrats précaires dans l’entreprise.