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J’imaginais, avant d’y aller, des réunions animées où nos conseillers municipaux proposaient, échangeaient, débattaient, réfutaient, argumentaient... Bref, j’avais une représentation dynamique de ces séances institutionnelles et publiques sur la gestion de notre cité par ceux que nous avons portés aux responsabilités. Au lieu de cela, un spectacle figé, orchestré par le « maître de céans », Monsieur le Maire.
Il expose, puis distribue la parole à ceux qui la demandent : normal c’est lui le Président de séance, sauf qu’à part l’ancien Maire, seuls les sept élus de l’opposition demandent à prendre la parole, les élus majoritaires restant muets. Pourtant, dès que l’opposition commence à s’exprimer, le « donneur de parole » n’hésite pas à l’interrompre, un peu trop systématiquement, faisant avorter les interventions.
Effectivement, ça semble quasiment incongru de demander la parole dans cette assistance. Sans doute que la règle implicite de bonne conduite est de ne pas parler !
Il n’y a, pour s’en convaincre, qu’à contempler le spectacle saisissant de tous les autres conseillers municipaux, dits « de la majorité », muets, sages comme des images, quasi immobiles sur leurs sièges, bras croisés face à leur pupitre, statufiés : une trentaine de figurants qui n’ouvrent jamais la bouche tout au long des séances, de bons figurants bien dociles...
Mise en scène ? Spectacle atone, aux antipodes de ce que je m’étais imaginé avant d’y assister. La simple citoyenne gradignanaise que je suis pensait voir et entendre les conseillers municipaux s’exprimer, nourrir des échanges, formuler des idées, parler de leur domaine de responsabilité de notre ville...
Vous avez dit : « Réunion du Conseil Municipal » ?... Vous êtes sûrs ?
Marie-Antoinette Poirson