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Vu et entendu au Conseil Municipal du 14 avril 2008

Une tension perceptible de bout en bout
mis en ligne le : jeudi 3 juillet 2008.

Un mois après l’installation du Conseil Municipal, le public est déjà clairsemé, puisque seulement huit personnes assistent à ce troisième Conseil, au cours duquel doit être abordé le débat d’orientation budgétaire.

La première délibération porte sur l’installation des commissions municipales. La loi est telle que chaque commission, présidée par le Maire, est constituée de 7 autres membres, soit 6 de la majorité et un de l’opposition. C’est la loi de la représentation proportionnelle, que nul ne conteste. Jean-Paul Jourdan intervient, comme il l’avait fait dans un courrier adressé à M. Labardin, en demandant que l’opposition puisse disposer d’un poste de suppléant, pouvant remplacer le titulaire en cas d’absence. Le Maire rétorque qu’il ne fait qu’appliquer la loi et que les réunions n’étant pas fréquentes, chacun doit pouvoir se rendre disponible.

La série de délibérations qui suit porte sur la désignation des représentants du Conseil Municipal au sein de nombreuses instances dans lesquelles la commune est représentée. L’abstention de l’opposition, sur ces questions nominatives, est la règle usuelle. Cela ne l’empêche pas d’intervenir à plusieurs reprises sur l’action des élus de Gradignan dans ces instances (syndicat intercommunal pour l’aire d’accueil des nomades, Bordeaux Unitec, Gaz de Bordeaux…), et pour demander qu’ils rendent compte régulièrement de leur activité au Conseil. Le Maire botte systématiquement en touche en renvoyant aux commissions et en signifiant que le Conseil n’est pas le lieu de débats que l’opposition voudrait instaurer.

Petit couac quand vient le tour du comité de jumelage, où Pierre Auzereau demande une place pour l’opposition. Le Maire répond qu’il n’en est pas question et que la représentation municipale « garantit la cohérence de la parole de la commune », faisant ainsi un procès d’intention aux élus d’opposition. Le débat durant sans doute un peu trop, il manifeste son autorité et coupe le micro de Denys Breysse.

L’autre « gros morceau » du conseil est le débat sur le budget primitif. M. Henri Rivière, adjoint aux finances, présente le budget prévisionnel par poste, puis M. Labardin fait quelques commentaires. Il souligne un « exercice soumis à de fortes contraintes du fait d’une faible évolution des dotations ». La fiscalité locale devra donc être mise à contribution, avec une augmentation de 2 % de la taxe sur les ménages. Au chapitre des projets, outre une augmentation des subventions aux associations (priorité à celles employant du personnel), il cite des études de faisabilité : diagnostic de l’accessibilité aux handicapés, faisabilité du mur à gauche, aménagements sportifs à Jehan Buhan.

Jean-Paul Jourdan intervient alors, en dénonçant les dérives de l’encours de la dette, qui passe de 19 à 24 millions d’euros en un an, soit 26.5 % d’augmentation, avec un prélèvement fiscal en hausse de 2.65 % et un endettement par habitant supérieur à celui des communes de population comparable. L’adjoint aux finances répond sur le registre de l’émotion (il veut « vider son sac ») en accusant l’opposition d’essayer d’affoler la population et en garantissant qu’on pourra payer le personnel communal jusqu’au 31 décembre (à cet énoncé, Claire Le Lann, avoue son soulagement…). Sur un autre registre, le Maire s’en prend à Anne-Marie Keiser, dont il semble regretter l’absence, tant elle pouvait lui servir de cible : « je connais votre proximité avec la conseillère générale et je vous jugerai à faire rentrer les sommes ! » (avons-nous bien entendu ?). Claire Le Lann lui demande de modérer ses propos et lui propose d’aller régler ses problèmes éventuels directement avec l’élue concernée… qui n’est pas dans ces murs.

Sur un plan plus technique, Denys Breysse intervient pour souligner la faiblesse des sommes prévues pour l’entretien du patrimoine communal (le montant total est de 382 000 euros, soit près de 43 % de baisse par rapport à l’année précédente).

C’est à la fin de ce débat que Claire Le Lann lance un pavé dans la mare en faisant état d’une possible erreur de calcul dans le montant des indemnités des élus lors du Conseil Municipal précédent. Elle invite M. Labardin à vérifier ses calculs. Il préfère réagir sur le mode de celui qui serait offensé à titre personnel. Les indemnités des élus relèvent-elles de la vie publique ou de la vie privée ? A chacun de juger.

(En fait, cette affaire aura des suites judiciaires... Pour en savoir plus)

Sans surprise, au terme de ce débat souvent tendu, le budget primitif est adopté par 29 voix contre 6. Il en est de même pour le vote des taux d’imposition.


Les conseillers de l’opposition souhaitent désormais laisser une trace plus tangible de leurs interventions orales en Conseil Municipal. Sur les questions qu’ils jugent importantes, ils demanderont donc désormais l’inscription du texte de leur intervention au Procès-Verbal. Pour ce Conseil, il s’agit des questions suivantes :

- composition des commissions municipales (Jean-Paul Jourdan)

- représentation de la minorité et compte-rendu de l’activité des représentant de la commune (Anne Banvillet)

- budget primitif (Jean-Paul Jourdan)